tarentelle
On peut voir l'exposition "Bah bah white trash have you any wool?" sous deux angles, un angle uchronique et un autre anticipatif. Si un Lysenko avait pris en main la destinée de la photographie à la place de l'industrie, allemande, japonaise ou américaine, on n'aurait pas rigolé souvent pour tirer le portrait de Pépé. C'est un autre procédé, à choisir parmi les techniques historiques, qui aurait été développé avec pour corolaire un autre modèle économique. Plus de Click plus de Clack, mais un système bien centralisé avec sa cohorte de clercs s'échinant à produire du beau, du bien, de l'utile. Ca c'est pour l'uchronie. De nos jours, sont déjà interdits, certains mots, certains nombres, certains portrait de barbus et la taille trop fine des mannequins. Et bientôt, qui sait, toutes photographies voire toute production d'image "mécanique". On ne rigolera pas souvent pour tirer le portrait de Mémé. Sera pioché parmi les recettes des "alternatives photographs" pour faire la nique à la prohibition. Ca c'est pour l'anticipation. Avec une attention portée aux textures, aux matières, Alexandre Tanham dans "Bah bah white trash have you any wool?" propose une approche particulière des techniques historiques, un brin austère certes mais sans la lourdeur nostalgique qui bien souvent encombre les "alternatives photographs" contemporaines.               M.C.B